Tout d'abord ce que le Seigneur nous dit à la fin du livre L'Enfance de Jésus (chapitres 299 et 300):

(Chap.299) 1. Il est dit en outre dans l'Écriture : "Et Il grandit en grâce et en sagesse devant Dieu et devant les hommes en restant soumis à Ses parents jusqu'à l'avènement de Son enseignement."
2. Comment Jésus, l'unique et éternelle essence divine, a-t-Il pu grandir en grâce et en sagesse devant Dieu et devant les hommes, puisqu’Il est Dieu de toute éternité ?
3. Et notamment devant les hommes, puisqu’Il est, de toute éternité, l'Être infiniment parfait ?
4. Pour le comprendre, il ne faut pas considérer Jésus exclusivement comme le Dieu unique !
5. Mais il faut se Le représenter comme un homme en qui l'unique éternelle divinité s'est incarnée d'une façon apparemment aussi inactive que l'esprit incarné en chaque homme.
6. Ce que tout homme doit faire selon la divine ordonnance pour rendre libre en lui l'esprit,
7. L'homme Jésus a dû résolument l'accomplir en libérant en Lui ce qui est d'essence divine afin de ne devenir plus qu'un avec cette essence.
8. Mais chaque homme porte en lui certaines faiblesses qui enchaînent habituellement l'esprit et l'emprisonnent comme dans une enveloppe.
9. Si l'âme vouée à la chair renonce à elle-même, elle se trouve fortifiée et, faisant ainsi sauter ses chaînes, elle devient capable de comprendre comment accéder à l'esprit libre.
10. Ce n'est qu'au travers de toutes les tentations que l'homme expérimente les faiblesses par lesquelles son esprit est enchaîné.
11. Et si précisément l'homme s'exerce à renoncer à lui-même, il libère ainsi l'esprit de ses chaînes et les met au contraire à l'âme.
12. Lorsque l'âme est ainsi tenue solidement attachée avec les chaînes qui emprisonnaient l'esprit, l'esprit, parfaitement libre de tous ses liens, gagne naturellement toute l'âme pleinement raffermie.
13. Et celle-ci parvient de ce fait à la céleste perfection de la puissance de l'Esprit, et s'unit parfaitement avec Lui pour l'éternité.
14. Et c'est précisément dans ce dégagement des chaînes l'une après l'autre que consiste la progression de l'âme dans la puissance spirituelle, laquelle est la sagesse et la grâce (qui est la nouvelle naissance).
15. La sagesse est la claire vision de l'éternelle ordonnance divine, et la grâce est l'éternelle lumière d'amour par laquelle s'éclaircissent tous les rapports et les conséquences de toute chose.
16. Or c'est le cas de l'homme, comme c'était aussi celui de l'Homme-Dieu Jésus.
17. Son âme était pareille à celle des autres hommes et était affectée de faiblesses d'autant plus nombreuses que l'Esprit Tout-Puissant de Dieu devait Se mettre à Lui-Même des liens puissants pour pouvoir rester attaché à Sa propre âme.
18. Donc l'âme de Jésus devait vaincre les plus grandes tentations par le renoncement à soi-même pour libérer Son esprit divin de ses liens; et l'âme ainsi fortifiée permit une liberté infinie à l'Esprit de tous les esprits. Ainsi l'âme et l'esprit devinrent parfaitement un.
19. C'est précisément en quoi consiste l'avancement de la sagesse et de la grâce de l'âme de Jésus devant Dieu et devant les hommes, à savoir que l'esprit de Dieu s'unissait de plus en plus avec Son âme certes divine, mais qui était le Fils proprement dit.


(Chap.300) 1. Comment le Seigneur Jésus a-t-Il vécu de douze à trente ans ?
2. Il percevait en Lui continuellement, de la façon la plus vive, la divinité toute-puissante ; Il savait en Son âme que tout ce qui concerne l'infini est et doit être éternellement soumis à son moindre souffle.
3. En outre, Il sentait en Son âme la tendance de tout dominer.
4. L'orgueil, l'ambition, la liberté la plus totale, le luxe, la sensualité et autres, ainsi que la colère même étaient les principales faiblesses de Son âme.
5. Mais Il combattait de toute Sa volonté ces puissantes et mortelles pulsions instinctives de Son âme.
6. Il brisait l'orgueil par la pauvreté, mais quel dur moyen pour Celui à qui tout appartenait et qui cependant avait accepté de ne rien appeler Sien !
7. Il matait l'ambition en s'imposant l'humilité envers ceux qui comme tous les hommes n'étaient rien à côté de Lui.
8. Son éternelle et sublime liberté, Il la brisait en Se donnant infiniment de peine à faire Lui-même les plus humbles travaux comme un esclave des hommes.
9. Son très fort penchant pour le luxe, Il le combattait par de fréquents jeûnes, tant par la nécessité que par la libre volonté de Son âme.
10. La sensualité, Il la domptait par une vie de durs labeurs, une nourriture maigre, la prière, et la fréquentation d'hommes sages !
11. Son allure extérieure et le ton de Sa voix étaient si fascinants qu'Il avait à soutenir d'immenses luttes.
12. C'est la raison pour laquelle les cinq filles bellissimes de Cyrenius se mouraient d'amour pour Lui et chacune d'elle faisait le pari d'être l'élue.
13. Cet amour Lui plaisait, mais cependant Il devait dire chaque fois "noli me tangere" (ne Me touche pas, laisse-Moi en paix).
14. En outre, comme Il percevait d'un seul coup d’œil la méchanceté des hommes et voyait leur perfidie, leur hypocrisie, leur ruse et leur égoïsme,
15. Il est compréhensible qu'Il était très irritable et pouvait facilement Se mettre en colère ou S'offenser.
16. Mais alors Il modérait Ses sentiments divins par Son amour dont la conséquence était Sa miséricorde.
17. Il s'exerça donc toute Sa vie à de pareilles et continuelles renonciations à Lui-même, afin de rétablir l'ordonnance éternelle perturbée.
18. Il est ainsi facile de voir que Jésus en tant qu'homme passa dix-huit années de tentations et de luttes continuelles avec Lui-même.
19. Tout ceci a été exposé afin d'aider chacun. Il ne reste plus qu'à ajouter le récit des trois jours au Temple avec les sages et les docteurs de la loi. Mais pour l'instant tout ceci ne peut figurer ici.
20. Contentez-vous donc de cela et le reste suivra lorsque vous direz au serviteur :
21. "Viens à nous, frère, au nom du Seigneur, reste avec nous et demeure au milieu de nous!"
22. Que cette œuvre soit ainsi terminée et Ma Bénédiction et Ma grâce soient avec vous d'éternité en éternité.

À côté des écrits de Lorber et Mayerhofer, la maison d'édition Lorber Verlag a aussi publié des scènes de la vie de Jésus avant Sa vie publique, scènes qu'un homme, Max Seltmann, a eu la grâce de voir en visions et aussi d'entendre les paroles qui y sont prononcées. Max Seltman (1881-1972) a mené une vie dissolue dans sa jeunesse, quoique sa mère avait des dons de medium et de guérisseuse, et ce n'est qu'à la mort de sa mère, en 1913, qu'il décida de changer de vie. Par des amis, il apprit à connaître les écrits de Lorber et put ainsi approfondir sa foi. Il constata aussi, pendant cette guerre de 1914-18, qu'il avait des dons de medium comme sa mère. Mais ce n'est qu'après de durs combats intérieurs que le don des visions se manifesta. Les mêmes visions se répétaient jusqu'à ce qu'il les eût mises par écrit. Et c'est après la guerre, de 1958 à 1966 que le Lorber Verlag les publia sous le nom de Scènes délicieuces de la vie de Jésus (en allemand: Köstliche Szenen aus dem Erdenleben Jesu) Voici l'une de ces scènes, tirée du Livret 1, sous le titre Une visite dans l'atelier de Joseph:

« Salut à toi au Nom du Seigneur, ô frère en Abraham, Isaac et Jacob ! » Avec ces mots un vieux aux longs cheveux ondulés et à la barbe fournie tendit la main à Joseph, lui aussi déjà d'un âge avancé. « Finalement il m'est accordé de te saluer! En effet, j'étais vraiment impatient de m'entretenir avec toi. Il y a deux jours déjà j'étais venu ici, mais ton épouse me renvoya à toi avec tous les problèmes qui me pesaient sur le cœur. »

« Sois cordialement le bienvenu, cher Andreas, frère dans le Seigneur. que l'Esprit de Jéhovah nous éclaire, afin que nous puissions nous comprendre. Je sais ce que tu veux me dire, puisque mon épouse m'a raconté ta venue; mais je t'assure au nom de Jéhovah que tu te fais une image complètement fausse de mon fils Jésus. Pourquoi te soucies-tu de Lui ? Et même si Jésus s'éloigne de la maison et qu'Il reste ainsi durant plusieurs jours loin de nous, Il est un fils trop bon pour nous faire honte, nous qui sommes de la descendance de David. Mais viens et repose-toi ! Tu pourras peut-être lui parler toi-même, car il est à la maison en train de prendre son petit-déjeuner. » —

À ces paroles le vieil homme juif est embarrassé et perplexe. C'était seulement par amour envers la famille de Joseph, qu'il y était revenu en ce jour, et outre cela, il caressait depuis longtemps un projet, à la réalisation duquel il tenait beaucoup. Et c'était aussi pourquoi il se préoccupait plus que d'habitude de Joseph et de Jésus.

À cet instant Jésus entre dans l'atelier, salue brièvement, regarde Andreas d'un regard pénétrant avec ses grands yeux, puis lui tend la main sans un mot.

Andreas la serre dans la sienne comme s'il ne voulait plus la lâcher, puis il dit à Jésus : « Mon cher jeune ami et frère en Dieu ! Je suis attiré vers toi comme si tu étais mon fils ! Je partage la joie que tes parents ont en toi, mais je dois malheureusement aussi ressentir la douleur de voir que tu n'exerces pas tes devoirs avec le sérieux sacré que Dieu – par l'intermédiaire de Moïse – nous a transmis, à nous et à tout le peuple.

Je viens te faire une proposition, à toi et à tes parents. Vous savez que je possède un vaste domaine et qu'en cette période difficile, où l'armée des païens, les Romains, menace de détruire toutes les croyances et toutes les bonnes mœurs, j'ai besoin d'un jeune homme en qui l'on puisse placer sa pleine confiance.

Vous savez que je n'ai pas de descendance masculine, seule ma fille Edith est à mes côtés; et ma maison est devenue solitaire et désolée depuis que Jéhovah a rappelé mon épouse dans le royaume des morts.

Regarde, cher frère Joseph, tu es vieux, comme moi; tes fils poursuivent ton métier; même sans toi, ils s'en sortent très bien et connaissent leur travail; mais tu es resté pauvre, et ta possession n'a pas grandi.

Je ne veux pas blâmer ton amour souvent trop aveugle et ta fausse modestie, qui parfois, au lieu de te servir, ne font que te nuire. C'est pourquoi, laisse enfin parler la sagesse et viens chez nous, toi, ton épouse et Jésus, ton plus jeune fils. Nous laisserons tout le reste à Jéhovah, le Seigneur. » —

Joseph regarde longuement Andreas, puis lui fait comprendre avec des mots émouvants que cela n'est justement pas possible, « car Jéhovah veut que nous restions ici à Nazareth. Mais demandons aussi à Jésus ! »

Jésus, qui a écouté toute la conversation, s'approche immédiatement des deux vieillards, s'incline devant Andreas et dit : « Tout mot sortant de Ma bouche est inutile, car dans votre cœur et dans votre esprit, Je ne suis rien d'autre que le fils gâté de Ma mère et, en tant que tel, Je n'aurais aucune volonté. Mais vous vous trompez lourdement ! Et si tu penses qu'un fils comme moi pourrait t'être utile en tant que gendre, sois assuré que Je ne peux jamais y penser, car Ma vie a un but plus élevé !

Toi, Joseph si juste ! Comment as-tu pu oublier si facilement les grandes preuves de la grâce de Dieu ? - Et toi, Andreas, toi qui es juste selon la loi de Moïse, comment se fait-il que les promesses de Jéhovah ne te suffisent pas ? N'êtes-vous pas tous deux à un âge où vous devriez depuis longtemps être libérés de toute angoisse, de toute question et de tout souci ?

Toi, Joseph, tu vois en Moi la grande tâche accomplie : qu'à travers une lutte acharnée et épuisante avec Moi‑Même, Je développe des capacités et une volonté devant lesquelles tu dois t'incliner. Et par conséquent, tu devrais comprendre clairement que Dieu, l'Éternel, en tant que grand et véritable amour, n'a pas permis que tous les combats menés avec succès aient eut lieu en vain. Car Son amour est fondé sur la vraie sagesse. Et que Je me tiens maintenant devant toi, non pas comme ton fils, mais comme Celui qui peut dire :

Encore un peu de temps, et toute lutte prendra fin ! Alors, je construirai un chemin qui mènera tout droit au véritable but pour l'humanité ! Et ce chemin sacré s'appelle :

L'amour rédempteur pour toute vie encore liée!

Toi, Andreas ! Ton désir est d'être heureux et de ne rien voir du malheur des autres. C'est pourquoi tu t'inquiètes pour ta fille Edith, que tu aimes plus que tout au monde et à qui tu souhaites le plus grand bonheur. Et dans son jeune bonheur, tu voudrais oublier ton âge et la mort qui approche. Mais as-tu jamais connu le vrai bonheur dans ta vie ? Non, et encore non, te dis‑Je ! Car tu t'es vautré dans l'ivresse d'une passion qui ne connaît pas l'amour ! Qu'as‑tu fait jusqu'à présent pour récompenser la bonté de Jéhovah, qui t'a rendu riche et grand aux yeux du monde entier ? As-tu jamais compris ce que signifie ‘être riche’ ? Voici, je vais te donner un nom qui est riche ! Il s'appelle JÉSUS et il se tient devant toi ! Je suis riche ! Car ce que je possède n'appartient pas au pouvoir de la terre, et jamais le monde ne M'envierait ma possession, car elle lui est invisible ! — Mais seules quelques mains se tendent vers cette haute possession qu'on appelle ‘liberté’ ! Être libre — dans sa volonté et ses désirs ! Être libre — dans toutes ses actions et toutes ses entreprises ! Ne reconnaître aucun pouvoir – sauf celui qui est divin dans l'homme et en dehors de l'homme – voilà la richesse suprême ! C'est pourquoi, rentre chez toi et examine tes possessions pour voir si elles sont suffisamment solides pour te rester après ta mort physique. Alors peut-être comprendras-tu le sens de Mes paroles ! »

« Joseph ! », s'écrie Andreas, « je savais bien que ton fils, à force d'être souvent seul, s'était approprié des idées folles et des chimères et avait mis de côté toute pensée claire et intelligente pour se faire remarquer comme un original.

Ne crois surtout pas, cher frère en Abraham, que toutes ces histoires qui circulent à propos de Jésus réjouissent la maison de Jéhovah et le grand prêtre. Car dans toute l'histoire d'Israël, aucun cas similaire n'est connu; et je ne peux vraiment pas comprendre que tu aies laissé les choses aller aussi loin ! Car de toi précisément, nous ne connaissions que la crainte de Dieu et la foi. Mais il n'est pas encore trop tard ! Fais jouer toute ton influence, avec ton épouse, et viens chez moi ! Car dans un autre environnement, Jésus deviendra quelqu'un d'autre, et nous atteindrons quand même notre but. »

« Cher frère Andreas », répond Joseph avec sérieux, « tu n'avais pas besoin de dire tout cela, car tu connais trop peu Jésus et moi, je le connais trop bien ! Il ne fait justement pas ce que nous voulons !

Combien mon épouse s'est inquiétée, a lutté et s'est battue ! Combien nous avons prié, et sais-tu ce que nous avons obtenu ? La certitude que Jésus est appelé à autre chose ! Je ne sais pas encore comment tout cela va se terminer, et qui sait si j'aurai encore beaucoup à vivre ? Mais une chose est sûre: Jésus est différent de nous !

Par exemple : nous prions ou chantons notre psaume; Jésus, lui, monte seul sur la colline ! Nous avons tous faim et sommes épuisés par le fardeau et les efforts de la journée, Jésus semble avoir une nature de fer ! Nous avons tous besoin de nous exprimer, Jésus jamais ! Tu ne peux pas lui tirer un seul mot. Et cela m'étonne que depuis longtemps Il t'ait adressé autant de paroles.

Une troupe de Romains arrive dans la rue et s'arrête devant la fontaine. Tu sais toi-même combien il est strictement interdit de donner du pain ou de l'eau aux pauvres prisonniers affamés et assoiffés. Que fait Jésus ? Il sort avec du pain et de l'eau, jette un regard aux Romains, et ceux-ci tolèrent que Jésus rafraîchisse les prisonniers.

Et comme j'étais inquiet à cause de cet acte ! Mais Jéhovah nous a été clément. Nous n'avons subi aucun préjudice. Au contraire, mes fils ont ensuite obtenu une commande bien rémunérée auprès du commandant romain.

Et je vis donc en sachant que le silence est ici la meilleure chose à faire. Si Jésus se tait toute la journée, je devrais bien pouvoir me taire moi aussi, même si ma bouche a envie de parler. » —

À ce moment-là, Marie entre et regarde les trois hommes d'un air interrogateur, car tout était si calme et silencieux dans l'atelier. — Puis elle salue chaleureusement l'invité, se dirige vers Jésus et lui dit qu'elle a besoin de son aide.

Jésus répond modestement : « Reste plutôt ici quelques instants; il y a eu des négociations à Mon sujet, et si tu as envie d'aller chez Andreas avec Joseph, Je resterai ici jusqu'à ce que la vie qui M'habite Me pousse à agir et à créer ! La situation est grave, très grave pour l'homme qui, d'une part, ne cherche qu'à tirer profit de ses biens. D'autre part, il est tout aussi grave qu'un homme quitte à la légère le sol qui l'a nourri pendant des années et lui a apporté le bonheur et tant de belles choses. Car ce n'est qu'en accomplissant ses devoirs que l'homme se libère de l'esprit d'inquiétude et laisse mûrir la confiance d'abord en lui-même, puis envers le Dieu éternel et Créateur. — Et ainsi, beaucoup de choses se font d'elles-mêmes. -

Chers amis, et toi aussi, Maria ! Je suis certain du succès, car une 'nouvelle vie' s'annonce déjà dans Mon cœur. Mais Je ne considère comme 'vie' que ce que vous ne pouvez pas encore comprendre !

Car ce n'est pas la volonté humaine qui produit ce succès ! Non, c'est le dépassement sérieux de ses propres désirs ! Je n'espère pas demain ou après-demain, non, je compte sur aujourd'hui ! Je veux accomplir les tâches que la vie me confie aujourd'hui. Et pour cela, Dieu, l'Éternel, Me donne la force et le succès ! 

Regardez ce gros morceau de bois brut ; il faut au moins deux à trois heures pour y percer un grand trou. Mais je ne fais qu'appliquer le fer, un tour de main, et le travail est fait.

Mais combien de temps, cher ami, crois-tu qu'il M'a fallu pour accomplir cet exploit ? Il M'a fallu des années pour affermir Ma volonté afin que ces forces s'organisent en Moi comme si un deuxième homme doté d'une force herculéenne venait à Mon secours. Mais vous ne comprendrez cela que plus tard.

Restez donc calmes et silencieux, ne parlez pas de Moi, mais ne vous fâchez pas contre Moi non plus ! Seul peut être considéré comme heureux l'homme qui, quoi qu’il lui arrive, d'une manière ou d'une autre, ne perd pas son calme et sa paix intérieure, afin que l'homme apprenne ainsi à compter sur l'aide qui lui est offerte comme d'elle-même, intérieurement !

Et sur ce, nous allons terminer notre conversation. Viens, Marie, Je vais exaucer ton souhait. Que Dieu vous bénisse ! Mais toi, frère Andreas, sois aujourd'hui l'invité de Joseph ! Quant à moi, J'ai encore beaucoup de choses à faire, que Je ne peux vous révéler pour préserver votre tranquillité. Salue ta fille Edith, Je sais qu'elle Me connaît et M'aime à sa manière. Je l'aime aussi, mais seulement comme Je t'aime toi. C'est pourquoi tout autre désir doit être tué, même au prix de ce que vous appelez le bonheur. Le but que Je poursuis est nécessaire pour qu'à l'avenir, tous les hommes ne tendent qu'à cet unique but : ne faire qu'un avec Dieu. Et même si les contradictions s'accumulent, si les obstacles s'empilent, Je suis pourtant suffisamment avancé pour savoir que tout cela peut être écarté par la paix et l’élévation intérieure en Dieu.

Rien, absolument rien ne doit plus nous séparer de cette sainte ascension vers Dieu, afin que Dieu, dans tout Son amour et toute Sa puissance, devienne présent en nous — intérieurement. Mais tant que Dieu et l'homme sont encore deux, Satan peut triompher. Ce n'est que lorsque Dieu et l'homme sont 'devenus Un' que tout ce qui les sépare sera surmonté ! Alors Je pourrai être partout ! Alors s'épanouira partout la vie éveillée, joyeuse, merveilleuse, qui rend tout le monde heureux — en Dieu et de Dieu ! Ne Me contredisez pas, mais gardez Mes paroles; elles seront un jour une lumière, un signal pour vous mettre vous aussi au diapason de cet Esprit divin de toute vie !

Tu es heureux, Joseph, parce que tu t'es décidé et que tu ne M'es plus un obstacle ! Et tu es grande, Marie, devant Dieu, parce que tu te soumets humblement à Ma volonté ! Mais l'ennemi de toute vie est sur ses gardes, Je le sais depuis longtemps ! Gardez aussi le mot d'ordre : " Avec Dieu : tout – sans Lui : rien " et maintenant, que Dieu vous garde ! Amen ! »



Ainsi, l'on voit que Jésus n'est pas parvenu à la position et au rôle de Sauveur de l'humanité par les seules forces de la nature humaine, et par une histoire enjolivée par des écrits ultérieurs, comme l'ont déjà pensé des théologiens en recourant à des notions de psychiatrie et de psychanalyse, mais qu'il fut bien l'incarnation du Divin. Tout homme porte en lui une étincelle de l'Esprit Divin, mais en Jésus était présent la plénitude de cet Esprit, comme l'exprime Paul ( Col 2, 9-14). Et ce que tout homme doit faire pour devenir un avec cette étincelle divine en lui, Jésus dut le faire pour devenir Un avec cette plénitude de l'Être Divin en Lui, en soumettant entièrement sa volonté humaine à cette Volonté Divine. Dans l'épisode suivant du Grand Évangile, qui a lieu à Chotinodora sur l'Euphrate, Jésus explique le mystère de son Être à Jored, péager à Chotinodora, son fils Jorabe - que Jésus a ressuscité la veille- et un jeune médecin (GEJ6, 90, 7-12):

Les trois en furent véritablement épouvantés, et le médecin Me dit : 7. « Ami, Tu n'es pas un homme de notre espèce et de notre nature, mais un dieu ! Nul homme ne T'a conçu sur terre dans le sein d'une mère ! Oui, je dirais même que Tu n'es pas né sur cette terre, et que Tu dois donc à l'évidence être un dieu ! »

8. Je dis : « Oublie cela; quiconque est dans la chair doit l'avoir reçue dans le sein d'une mère ! Seul le premier couple humain a reçu son corps de la main et par la volonté de Dieu, mais tous les autres hommes dans le sein d'une mère. Ce corps qui est le Mien vient donc aussi d'une mère terrestre, bien qu'il n'ait pas été conçu comme d'ordinaire par un père terrestre, mais bien par la seule volonté toute-puissante de l'Esprit de Dieu, ce qui est très possible chez les êtres humains parfaitement purs et dévoués à Dieu. Cela n'était pas rare dans les temps anciens, quand les hommes n'étaient pas encore corrompus, mais simples et soumis à la volonté divine, et, aujourd'hui encore, cela arrive parfois.

9. Il est évident que les hommes conçus de cette manière purement spirituelle sont eux-mêmes plus spirituels que ceux conçus de la manière ordinaire — de même que les enfants de parents forts et en bonne santé deviennent ordinairement plus forts et plus sains que ceux de parents faibles et maladifs. En tant qu'homme et tel que Je suis devant vous, Je ne suis pas Dieu, mais bien un fils de Dieu, ce que tout homme devrait être en vérité; car les hommes de cette terre ont vocation à devenir et à être les enfants de Dieu, pour peu qu'ils reconnaissent la volonté divine et y conforment leur vie.

10. Mais l'Un d'entre eux était destiné par Dieu de toute éternité à être le premier à avoir en Lui la Vie et à la donner à tous ceux qui croiraient en Lui et vivraient selon Sa doctrine. Et Je suis Celui-là !

11. Mais si J'ai en Moi cette vie divine, ce n'est pas pour l'avoir apportée avec Moi en venant au monde du sein de Ma mère ! Le germe était certes en Moi,mais il lui a fallu grandir, ce qui M'a coûté trente années d'efforts. Me voici désormais accompli devant vous, et c'est pourquoi Je puis vous dire qu'il M'a été donné tout pouvoir au ciel et sur la terre, et que l'esprit qui est en Moi ne fait qu'un avec l'Esprit de Dieu, raison pour laquelle Je suis en mesure d'accomplir des signes qu'aucun homme n'avait jamais accomplis avant Moi. Mais, par la suite, cela ne sera plus Mon privilège exclusif, mais également celui de tout homme qui croira que J'ai été envoyé par Dieu en ce monde pour donner la lumière de vie aux hommes qui marchent à présent dans les ténèbres, si cet homme œuvre alors selon Ma doctrine qui enseigne très clairement aux hommes la volonté de l'Esprit de Dieu, qui, bien sûr, demeure en Moi dans toute sa plénitude.

12. Et, bien que cet Esprit soit Dieu même, Moi, le Fils de l'homme, Je ne Le suis pas ; car, en tant que tel, J'ai dû d'abord, comme Je l'ai dit, Me rendre digne de ce Dieu par la pratique et par de longs efforts, et ce n'est qu'ensuite que J'ai pu M'unir à cet Esprit de Dieu. À présent, Je ne fais certes plus qu'un avec Lui en esprit, mais non par le corps; pourtant, même en cela, Je serai un jour pleinement uni à Lui, mais seulement après une grande souffrance, dans le renoncement total et l'humiliation suprême de Mon âme.


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